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Louis Verret
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la ca sserole rempl ie au deu x-t iers eau sa lée et froide sur la grande plaque feu au ma x tapis de poiv re noir et vert concassé les poids sur le téf lon ma rque la constel lat ion nost a lgie tombe amoureu x pa rs la demie ba rquet te de la rdon fumé dans la poêle froide per turbe le paysage de mon enfance sans comprendre quelque temps plus ta rd la plaque à feu moyen-for t le chant crépité de la gra isse de la rd qu i fond et bul le cont re la viande el le dore écr is l’er reur pleure la sépa rat ion doute une feui l le de laur ier plane s’y pose l it de vin rouge coulé depuis le ba l lon la viande bordeau x la gra isse brune t ig re d’hui le d’ol ive confonds dans la poêle l ’a i l coupé a l légé du germe à demeure sur la planche l is à rebours pour la première fois une écha lote ou deux découpé en da l le ca r rée comme çà peau ga rance pat iente déla issé même plus sur la planche de découpe en bois l ’humeur du pr intemps à l’automne noyé d’hui le êt re amoureu x v is l ’aut re dans le si lence d’un lundi d’hiver chante les bul les de gra isse sur vei l le la brûlure des aul x absent chant du merle de ma rs pluie de thym év ite du mieux la chute de ter re et de branche dans le poème joue nonagon inf inity de king gizza rd rosée de poiv re t ranspa rence rose écha lote l is adr iana nuage d’a lcool vapeur équivoque le bec de la boite de tomacoul is t ranche au couteau la purée déversée au coeur du problème une cui l lère à peine tomate concent rée la rme de ketchup branche de roma r in à la surface du ma récage lac de tomate dispersé du dos de la ma in derme de bois at tends un enfant le cycle de l’eau presque complet dans ma cuisine inter romps un temps l’ébul l it ion embra sse l’aut re col le à sa vapeur ca resse de l’ha leine les aspér ités du corps jouis avec pour clore le cercle présente les pâtes à l ’eau à nouveau boui l lante feu sur peu de pét i l lement s espère que le psg termine une amit ié agite jusqu’à y voir cla i r nosferatu le long du si lence l is dans la bul le qui appa ra it et éclate à la surface de la méla sse le noeud du cinéma sov iét ique quelque tranche de beur re au fond du plat en bol jet te du g ros sel et du poiv re encore cu i l lère percée les pâtes ex t ra ites eau blanche de mon amour corps fondu de beur re a r rose de l’amidonné poème coulé depuis la poêle dans le plat en bol les yeux de son sour i re a r rose à nouveau mélange à la peau des doigt s cheveux blancs du soleil de son sommei l son rega rd at tends l’orage les gout tes nour r issent quat tuor pa ssi f lore pa r tage à la lumière d’une bougie la sensibi l ité du jour pâte à la tomate //// Hier, un ami lisait ma peinture comme celle d'un préservatif usagé, plein, laissé à l'abandon. Selon lui alors, le coït aurait eu lieu. Les bourses seraient vides.La vérité est autre : si la capote est gisante, elle est aussi vide. Je n'ai pas joui : je n'en ai plus la force. Je suis l'enfant d'une technologie coercitive, où le rapport sexuel n'est pas tourné vers l'autre mais vers soit, une génération à qui on a appris à jouir sous la contrainte. Et à s'y tenir. Protégé par ma capote, je m'interdis le bonheur de la friction des fluides, la poisse des sueurs agglomérées, à en oublier l'échange sensible : bientôt je ne reproduis avec mon corps qu'un ersatz pauvre du cliché amoureux par le va-et-vient de mon appendice tuméfié : je ne peux jouir qu'à la grâce de l'image que j'ai de moi en train de faire l'amour. Je me regarde être seul. Et je m'y épuise. Je remplis parfaitement, non l'espace réservé à la jouissance – cette bulle au bout qui demeure invariablement vide – mais plutôt le rôle auquel j'ai été assigné : j'ai suivi le flux jusqu'à me convaincre que l'amour se faisait comme çà, que l'amour doit être prudence, sans excitation, sans galipettes, sans swing, sans enjeu, sans futur. Que je serais avisé d'adapter cette juste façon de procéder à la gestion de ma vie dans son intégralité. Se regarder vivre mollement et accepter la compression. Absolument engourdi. Je fais l'amour bêtement, et bêtement je vois passer devant des manœuvres politiques : jamais je ne réagirai face au désastre. Pour une génération de couilles molles, de lèvres et d'anus rougis, qui n'osera pas se soulever face à une politique en marche, écrasante et répressive, d'une semaine à l'autre avec plus d'effort, qui blesse au minimum à en perdre la vue, qui tue sans reproche, qui orchestre la tournure au ridicule des vêtus de jaune – ceux-là même et ce sont les derniers, qui entretiennent un rapport à l'autre et à la rue, qui assurent du bout des doigts le lien au rationnel. Une génération qu'on a déconnecté en lui insensibilisant le gland. La capote est vide, de même que notre courage à fendre l'opercule. À l'abandon. Le jeudi 1 août 2019, à Paris.